alain roger



A la fragilité du coquillage répond la ténuité du pastel à peine frotté sur la face grenue du papier.

Sur ce qui n'est plus tout à fait la plage, la grève apparaît comme une empreinte fraîche de ce qui n'est pas encore la mer. Lisière, entre ces deux étendues monotones, elle est le lieu de leurs échanges. Et pour cette raison, un espace riche, varié, que l'on scrute, passe au crible, tamise, examine au plus près ; vers lequel on s'agenouille.
Tous ceux qui en ont un jour ramassés savent que d'une grève à l'autre, la mer n'abandonne ni les mêmes galets, ni les mêmes coquillages, composant à chaque marée des paysages renouvelés à partir d'éléments limités.
Exprimées en couleurs, tons, formes, modes d'occupation de l'espace, ces variations de détails trouvent leur équivalent dans la série d'images, élaborées telles de petits paysages, suivant un principe commun.
Si l'ensemble, perçu de loin, rend compte d'une apparente uniformité, chaque carré renvoie à la singularité de chaque grève, vue de plus près.




Grèves
Pastel sur papier,  23 x 23 cm, 2003 2004